Saviez-vous que le « temps de la création » avait eu lieu du 1er septembre au 4 octobre ?

Le 1er septembre est une journée particulière pour les orthodoxes. Il s’agit d’une journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création, en plus d’être le début de leur année liturgique. Depuis 2015, sous l’impulsion du pape François, cette journée de prière est commune à l’Eglise orthodoxe et à l’Eglise catholique.

Cette année, le pape François et le patriarche de Constantinople Bartholomée ont publié un message commun. Pour eux, l’écologie est un bon moyen de se rapprocher, de favoriser le dialogue oecuménique.

Voici le texte ci-dessous :

 » L’histoire de la création nous présente une vue panoramique du monde. Les Ecritures révèlent que, «au commencement», Dieu a voulu que l’humanité coopère à la préservation et à la protection de l’environnement naturel. Au début, comme on lit dans la Genèse, «il n’y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n’avait encore poussé, car le Seigneur Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n’y avait pas d’hommes pour cultiver le sol» (2, 5). La terre nous a été confiée comme un don et un héritage sublimes, envers lequel chacun de nous partage la responsabilité jusqu’à ce que, «à la fin» tout, au ciel et sur la terre, soit restauré dans le Christ (cf. Ep 1, 10). Notre dignité humaine et notre bien-être sont profondément liés au soin que nous portons à toute la création.

Cependant, «entre-temps», l’histoire du monde présente un contexte très différent. Elle révèle la situation d’un délabrement moral où notre attitude et notre comportement envers la création obscurcissent notre vocation de coopérateurs de Dieu. Notre propension à rompre les écosystèmes fragiles et délicats du monde, notre désir insatiable de manipuler et de contrôler les ressources limitées de la planète, et notre avidité pour des profits illimités des marchés, tout cela nous a éloignés du but originel de la création. Nous ne respectons plus la nature comme un don partagé ; nous la regardons plutôt comme une grande possession privée. Nous ne nous associons plus à la nature dans le but de la maintenir; nous dominons plutôt sur elle pour qu’elle soutienne nos propres constructions.

Les conséquences de cette nouvelle vision du monde sont tragiques et durables. L’environnement humain et l’environnement naturel sont détériorés ensemble, et cette détérioration de la planète pèse sur les plus vulnérables de ses habitants. L’impact du changement climatique touche, d’abord et surtout, ceux qui vivent dans la pauvreté dans tous les coins du globe. Notre obligation d’user avec responsabilité des biens de la terre implique la reconnaissance et le respect de tous les peuples et de toutes les créatures vivantes. L’appel urgent et le défi de sauvegarder la création sont une invitation à toute l’humanité à travailler pour le développement durable et intégral.

Par conséquent, unis par le même souci de la création de Dieu, et reconnaissant que la terre est un bien commun, nous invitons ardemment toutes les personnes de bonne volonté à observer un temps de prière pour l’environnement le 1er septembre. A cette occasion, nous souhaitons remercier le Créateur aimant pour le noble don de la création, et prendre l’engagement de la sauvegarder et de la préserver pour l’amour des générations futures. Après tout, nous savons que notre effort est vain si le Seigneur n’est pas à nos côtés (cf. Ps 126, 127), si la prière n’est pas au centre de notre réflexion et de notre célébration. En effet, un objectif de notre prière est de changer notre manière de percevoir le monde afin de changer notre relation avec le monde. Le but de notre promesse est d’être courageux pour embrasser une simplicité et une solidarité plus grandes dans nos vies.

Nous lançons un appel urgent à ceux qui ont des responsabilités sociales et économiques, aussi bien que politiques et culturelles, pour qu’ils entendent le cri de la terre et subviennent aux besoins des marginalisés, mais surtout afin qu’ils répondent à la demande de millions de personnes et appuient le consensus du monde entier pour guérir notre création blessée. Nous sommes convaincus qu’il ne peut y avoir de solution sincère et durable au défi de la crise écologique et du changement climatique sans une réponse concertée et collective, sans une responsabilité partagée et assumée, sans donner la priorité à la solidarité et au service.  »

Du Vatican et du Phanar, le 1er septembre 2017

Pape François et Patriarche Œcuménique Bartholomée

 

Et le 4 octobre ? Il s’agit de la fête de Saint François d’Assise, un écolo avant l’heure! Pour ce qui est de la sobriété bienheureuse, il s’y connaissait, on ne peut pas le nier, il l’avait même poussée à son extrême limite : mendier sa nourriture, se coucher à même le sol sur une « natte », ne pas porter de chaussures, se vêtir d’une bure, et manger très très peu… Nous ne sommes pas tous faits pour vivre selon ses règles drastiques ! Mais on peut quand même faire notre part, et vivre plus en harmonie avec la nature en gardant un certain confort.

En tant que « catho écolo », j’aime beaucoup le cantique des créatures, écrit très simplement, mais qui nous porte à louer Dieu pour la création. Je vous en propose une méditation, en images et en musique.

Pourquoi ne pas faire de cette journée du 1er septembre une journée qui marque concrètement l’engagement de l’Eglise en faveur de l’écologie ? Tout est à inventer, vous pouvez laisser un commentaire pour échanger vos idées !